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Jan
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Quand on est arrivés, c’était déjà blindé. On pouvait plus bouger du tout mais c’était pas grave : on avait juste envie d’être au milieu des autres corps tout chauds qui s’étaient rassemblés pour sentir que ça continuait malgré tout. Tout le monde faisait gaffe à tout le monde. J’ai bousculé un mec avec son vélo. Il m’a dit pardon. Nos yeux avaient besoin d’un horizon mais on est tout petits alors on avait beau se mettre sur la pointe des pieds, on voyait rien du tout. J’ai levé la tête et j’ai pu fixer un écran de téléphone au dessus des gens juste devant moi : des milliers de têtes et des bras levés qui brandissaient en silence des crayons. L’air était rempli de gribouillis invisibles. On devait localiser des potes mais ce qu’on cherchait vraiment était à l’intérieur : c’était le morceau de chair que ça avait fait bouger en nous parce que c’était pas très clair. Ce qui était sûr, c’était que ça avait sacrément tremblé.

On cherchait des mots à échanger mais y avait rien qui venait, alors on se regardait sans rien dire, pour vérifier sur les visages des autres qu’on faisait partie de la même espèce, celle qui aime, qui pense, qui dessine et qui trouverait encore le moyen de se marrer.

 

Le nouveau western

Aurélien bricole tous les mois une micro-nouvelle avec des morceaux de lui et des bouts de nous. Un western moderne en mille épisodes, sans colt ni cheval mais avec une pompe à vélo et une clé USB toujours trop petite.
Nathalie gribouille une illustration en parallèle avec tout ce qui lui tombe sous la main… et le tour est joué : vous trouverez la version papier de nos cartes postales dans les lieux qu’on aime à Lyon, chez Bureaubureau ou encore dans les poches des auteurs qui seront toujours prêts à vous en refiler quelques-unes.

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